
Coalition biodiversité - Non au Bti
Non au contrôle
des insectes
piqueurs
Notre critique de la notion de "Contrôle biologique sélectif des insectes piqueurs" parue dans plusieurs journaux, en voici le texte:
Voilà une phrase parfaitement formulée pour séduire une population encore peu informée sur ce qu’est réellement le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). Bienvenue dans le monde du marketing, de l’écoblanchiment et du lobbying.
Décortiquons ce que chaque mot veut vraiment dire:
CONTRÔLE : devrait plutôt être changé pour « pesticide » ou « insecticide » ou « larvicide », car le Bti est avant tout un produit utilisé pour détruire des insectes à la base de la chaîne alimentaire, ceux-là mêmes qui nourrissent des insectivores comme des poissons, des oiseaux, les libellules et les batraciens. Pis encore, aucun contrôle n’est effectué par les instances gouvernementales sur les quantités résiduelles de Bti sur le terrain, après épandage. Pourtant, le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, dans son dernier rapport sur le Bti “Orientation relative au contrôle des insectes piqueurs à l’aide du Bti” préconise le principe de précaution et l’utilisation d’alternatives, et ce, en raison d’études récemment publiées qui démontrent des effets directs et indirects du Bti sur d’autres espèces. Malgré cela, ce même ministère continue à émettre des autorisations aux municipalités et aux propriétaires privés.
BIOLOGIQUE : L’industrie, et même parfois des fonctionnaires, nous présentent le produit comme étant biologique, comme on a retrouvé cette bactérie naturellement dans le sol en Israël. Il faut savoir que les formulations utilisées ne comptent que pour environ 10 % du contenu en Bti et que pour rendre ce pesticide utilisable à grande échelle, l’industrie rajoute près de 90 % d’autres ingrédients, produits chimiques, notamment des agents de conservation, des surfactants et des agents de protection contre le rayonnement UV et on ne sait quoi encore! De plus, compte tenu de la législation sur le secret industriel, il est impossible pour les chercheurs indépendants des entreprises qui préparent les formulations commerciales de démontrer l’impact exact de ces additifs. Dans ce contexte, qui peut vraiment affirmer que le Bti est biologique?
SÉLECTIF : L’industrie prétend que le Bti ne tue que les moustiques et les mouches noires alors que c’est faux. Le produit affecte aussi, notamment, leur proche cousin, les chironomes (non-piqueurs), une espèce plus prolifique que les moustiques et qui se trouve, elle aussi, à la base de la chaîne alimentaire. Plusieurs études ont également démontré des effets directs néfastes sur des espèces comme certaines grenouilles.
INSECTES PIQUEURS : Des insectes qui piquent, il y en a une panoplie : les abeilles, les guêpes, les acariens, les punaises de lit, les taons, les tiques et j’en passe. Ces dernières années, ce sont les tiques qui nous menacent, et cela, bien plus que les moustiques et les mouches noires et le Bti n’a aucun effet sur les tiques. Lorsque l’industrie utilise le terme INSECTES PIQUEURS, il tend à induire un faux sentiment de sécurité chez les citoyens.
Personne n’aime les moustiques, mais TOUS, nous avons la responsabilité de protéger notre biodiversité régionale. C’est ce qu’ont fait plusieurs villes au Québec, dont Saint-Colomban, Labelle, Terrebonne (2022), Longueuil, Mont-Saint-Grégoire, Mirabel, Nicolet et Gatineau (2023), Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et Bégin (2024), Repentigny et Blainville (2025); chacune de ces municipalités a choisi de se responsabiliser et de protéger la biodiversité en votant en faveur d’un arrêt définitif sur leur territoire de ces programmes d’épandages, injustifiés à tous points de vue. Il ne faut pas oublier qu’il y a de moins en moins d’insectes en général, incluant les moustiques et les mouches noires, et qu’il y a moyen de se protéger c.-à-d. d’éloigner ces espèces avec des répulsifs.
Christiane Bernier et Danièle Dugré
Lettre parue entre autres dans:
Le Nouvelliste 7 mars 2026:
Le Mouton noir 2026/3:
La vérité sur les connaissances sur le Bti
Rapport sur le débat sur le Bti:
Le chercheur Clayton Peterson (Ph.D. Titulaire de la Chaire de recherche UQTR en éthique de l’intelligence artificielle et prrofesseur du département de philosophie et des arts Université du Québec à Trois-Rivières), ainsi que son d'équipe d'étudiants en maîtrise, viennent de publier le document suivant: "Analyse du débat concernant l’ épandage du Bacillus Thuringiensis Israelensis (Bti) pour le contrôle des insectes piqueurs par la Ville de Trois-Rivières".
Il est à noter que ce rapport a bénéficié de l’avis scientifique de la professeure Valérie Langlois (INRS), Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicogénomique et perturbation endocrinienne et responsable scientifique du Laboratoire en écotoxicogénomique, ADN/ARN environnemental et perturbation endocrinienne.Bien que ce soit le débat à Trois-Rivières qui ait été analysé, il faut présumer que les constatations et les résultats de ce rapport décrivent bien la situation dans toutes les municipalités qui appliquent encore le Bti dans leur région.
Voici quelques extraits: Page 26 et 27 du document:
Voici l´ état des connaissances et la qualité de l’information véhiculée quant au Bti:
A titre d’exemple: 54% des élus.es ignorent que le Bti est toxique pour l’environnement, même s’il s’agit d’un biopesticide;
- 46% des élus.es et 62% des citoyens.nes ne comprennent pas à quoi s’attaque le Bti;
- 31% des élus.es et 73% des citoyens.nes ignorent que le Bti n’est pas dangereux pour la population humaine;
- 54% des élus.es et 37% des citoyens.nes ignorent que l’ épandage du Bti par la Ville n’est pas fait pour des raisons de santé publique;
- 92% des élus.es et 70% des citoyens.nes ignorent que le rapport d’homologation produit par Santé Canada via l’Agence de Réglementation de la Lutte Antiparasitaire (2006) indique que les Bt sont toxiques pour certains organismes non ciblés;
- 69% des élus.es et 40% des citoyens.nes ignorent que les formules commerciales de Bti utilisées contiennent, en plus de l’agent actif, différents adjuvants dont l’impact sur l’environnement et la biodiversité n’a pas nécessairement été pris en compte lors de l’homologation;
- 85% des élus.es, 60% des employés.es de la Ville, 60% des organisations, 68% des citoyens.nes, et 33% des experts.es consultés.es ignorent qu’aucun programme n’a été mis en place pour évaluer l’impact du Bti sur les écosystèmes du Québec;
- 100% des élus.es, 81% des citoyens.nes, 40% des organisations, et 33% des experts.es consultés.es ignorent qu’il n’y a pas de protocole standardisé et approuvé par les instances gouvernementales appliqué à Trois-Rivières et permettant d’analyser les concentrations de Bti déjà présent dans un écosystème;
- 100% des élus.es, 60% des employés.es, 80% des organisations, 85% des citoyens.nes, et 67% des experts.es ignorent qu’il n’y a pas de protocole standardisé et approuvé par les instances gouvernementales appliqué à Trois-Rivières et permettant d’évaluer si les doses épandues respectent le mode d’emploi figurant sur les étiquettes des différentes formulations homologuées."
Page 31: Conflits d’intérêts
"Le manque de reconnaissance des conflits d’intérêts inhérents au débat sur le Bti contribue à exacerber le cynisme de certaines parties prenantes au dossier. D’abord, GDG Environnement se présente comme possédant une expertise scientifique objective et neutre, alors qu’il s’agit d’une partie ayant un intérêt pécuniaire évident."
Je vous invite à lire cet excellent document, qui en dit long sur l'ignorance du Bti, et d'en tirer les meilleures conclusions! Appuyez sur le bouton ci-dessous:

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